Des rassemblements se sont déroulés dans plusieurs villes de France, à la mi-journée, comme à Lyon, où près de 200 personnes se sont réunies devant le Palais de Justice pour s'opposer au projet de réforme de la police judiciaire.
Officiers, magistrats et avocats réunis contre la réforme de Gérald Darmanin
Parmi eux, des officiers de police, des magistrats ou des avocats veulent faire changer d'avis Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, sur ce projet qui doit placer tous les services de police à l'échelle du département (renseignement, sécurité publique, police aux frontières et la police judiciaire) sous l'autorité d'un seul directeur départemental de la police nationale.
Une mauvaise idée pour Yann Bauzin, enquêteur à la police judiciaire de Lyon et président de l'Association nationale de Police judiciaire. Interrogé, ce dernier craint que son travail en pâtisse :
"Actuellement, on a moins de dossiers, mais plus de moyens et plus de temps pour les traiter. Si une partie de notre temps est consacrée à d'autres missions de sécurité, on n'aura pas le temps de traiter l'ensemble de nos dossiers, ce qui est déjà le cas aujourd'hui."
"Il serait plus efficace de donner des moyens à la police judiciaire"
Devant le Palais de Justice, les magistrats, venus afficher leur soutien, partagent les préoccupations des enquêteurs. Selon eux, cette réforme n'augure rien de bon, comme l'explique Véronique Drahi, déléguée régionale du Syndicat de la Magistrature au ressort de la cour d'appel de Lyon :
"La mutualisation que va permettre cette réforme va en réalité accaparer les agents de la police judiciaire sur des faits de délinquance de voie publique alors qu'ils travaillent aujourd'hui sur des enquêtes pénales au long cours. On veut les faire arrêter le vendeur de cigarettes à la sauvette alors que ces enquêteurs s'occupent de démanteler les réseaux. Il serait plus efficace de donner des moyens à la police judiciaire."
La mise en œuvre du projet de réforme a été décalée au début de l'année 2023. Les discussions devraient reprendre au mois de décembre. Pour l'instant, la colère gronde toujours chez les enquêteurs de la police judiciaire.






