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LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY A 50 ANS : EST-ELLE TROP VIEILLE ?

Vendredi 15 Avril - 11:50

Écologie


La centrale nucléaire du Bugey. - © DR
La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, dans l'Ain, près de Lyon, fête son cinquantième anniversaire. Elle a été mise en service le 15 avril 1972.


Ce 15 avril, à la la centrale du Bugey, c'est précisément l'anniversaire du réacteur numéro 1, qui n'est plus en service depuis une vingtaine d'années.

Actuellement, trois des quatre réacteurs actifs, qui fêteront, eux aussi, leurs 50 ans prochainement, puisqu'ils datent de la fin des années 1970, sont à l'arrêt, pour des problèmes de corrosion, ou pour les visites décennales.

Quel niveau de sécurité à 50 ans ?


La visite décennale du réacteur n°5 est en train de se terminer, et il devrait bientôt pouvoir redémarrer.

Il s'agit de grandes révisions obligatoires, effectuées, donc, tous les dix ans, qui impliquent 40.000 activités, plusieurs dizaines de milliers d'heures de contrôle, 4.000 personnes par jour et 250 millions d'investissements sur chaque réacteur.

Ces visites garantissent un haut niveau de sécurité, selon Pierre Boyer, le directeur de la centrale nucléaire du Bugey : "on investit beaucoup sur nos réacteurs pour améliorer la sûreté. Et encore une fois, l'année dernière, on a produit 10% d'électricité de plus que nos prévisions. On voit bien, avec les prix du gaz très élevés, l'importance d'avoir cet outil qui permet de garantir la souveraineté et l'indépendance énergétique de la France".

Jean-Pierre Collet de l'association Sortir du Nucléaire Bugey ne partage pas cet avis : "Dans une centrale, on peut changer beaucoup de choses, c'est vrai. On peut changer des kilomètres de tuyauterie, on peut changer des vannes, mais on ne peut pas tout changer ! Il y a des organes essentiels, comme la cuve du réacteur, qui ne se change pas. C'est toujours la même cuve qui n'a pas été conçue pour durer 50 ou 60 ans".

La cuve n'est pas le seul exemple : "il y a aussi l'enceinte de confinement elle-même, qui ne peut pas se changer", poursuit Jean-Pierre Collet. "On est très inquiet. On alerte sur le fait qu'on ne peut pas faire durer comme ça une installation industrielle indéfiniment, surtout quand elle est nucléaire".

Le nucléaire est-il "propre" et "indépendant" ?


Avec la crise du gaz liée à la guerre en Ukraine, la campagne présidentielle et le réchauffement climatique, la politique énergétique de la France est au cœur de l'actualité.

Pour Pierre Boyer, "on est une énergie bas-carbone, et c'est important avec les enjeux sur le climat. On redécouvre également tout l'intérêt d'avoir un parc nucléaire qui produit une électricité pas chère, et surtout, qui n'est pas liée aux prix du gaz".

Pour lui, cela ne fait aucun doute, "les centrales nucléaires sont un formidable outil pour lutter contre le réchauffement climatique et pour assurer l'indépendance énergétique de la France".

Des arguments contestés par les anti-nucléaires. Jean-Pierre Collet estime que "l'argument de l'indépendance énergétique ne tient pas du tout ! Le nucléaire, cela fonctionne avec de l'uranium qu'on importe en totalité du Kazakhstan, de l'Australie, du Niger. Si on importe l'uranium, c'est que l'on n'est pas indépendant. De plus, il est exploité dans des conditions déplorables en termes de respect de l'environnement et des populations ! Il y a des problèmes de pollution terribles, avec des contaminations".

Et maintenant ?


Le nucléaire semble avoir de beaux jours devant lui, puisque les deux candidats présents au deuxième tour de l'élection présidentielle y sont favorables.

Emmanuel Macron a annoncé la construction de six réacteurs EPR2, avec une option pour huit supplémentaires, soit quatorze au total.

Marine Le Pen veut construire vingt nouvelles centrales : cinq paires d'EPR dès cette année pour une mise en service en 2031, puis cinq paires d'EPR-2 pour 2036.

De leur côté, les experts-climat du GIEC affirment que le nucléaire n'est que le quatrième contributeur pour lutter contre le réchauffement climatique, loin derrière le solaire et l'éolien.