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AFFAIRE MILA : 13 PERSONNES JUGÉES POUR CYBERHARCÈLEMENT ET MENACES

Jeudi 3 Juin - 06:17

Actu. locale


Mila, la jeune iséroise menacée de mort après avoir critiqué l'Islam - © Capture écran/Quotidien
13 personnes doivent être jugées ce jeudi à Paris pour avoir participé au harcèlement de l'adolescente iséroise Mila, parfois accompagné de menaces de mort, après sa publication d'une vidéo polémique sur l'islam.


Des vidéos devenues virales, suivies d'un déferlement de haine en ligne : les prévenus, âgés de 18 à 30 ans, sont tous renvoyés devant le tribunal correctionnel pour harcèlement en ligne. Certains seront également jugés pour menaces de mort, et pour l'un d'eux menace de crime.

Le procès pourrait néanmoins être reporté, puisque deux d'entre eux ont formulé des demandes de renvoi, qui seront examinées à l'ouverture de l'audience jeudi à 13h30.

"Terreur numérique"


Victime de "raids" sur Internet après deux vidéos sur l'islam en janvier puis novembre 2020, la jeune femme, qui vient de fêter ses 18 ans et qui publie le 23 juin un livre sur cette affaire, sera présente à l'audience.

Son avocat rappelle qu'elle n'a fait "qu'exercer un droit" : celui de blasphémer.

"Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente", Richard Malka, l'avocat de Mila, à l'AFP.


"Te faire une Samuel Paty"


Pour Gérard Chemla, l'avocat d'un des prévenus, son client a eu "une réaction assez sotte et épidermique, comme il y en a tous les jours sur Twitter".

Un autre avocat de la défense, Marc Bailly, dénonce "la violence de la procédure", destinée selon lui à mettre "un coup de lumière" sur l'infraction de cyberharcèlement, "qui est nouvelle".

Depuis 2018, ce délit peut être constitué dès lors que plusieurs personnes s'en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée.

Les treize jeunes hommes et femmes jugés jeudi sont renvoyés en majorité pour un seul message parmi les milliers d'insultes et menaces reçues par Mila à l'automne via les réseaux sociaux.

La lycéenne iséroise avait été déscolarisée


Contrainte en janvier 2020 de quitter son établissement après une première vidéo où elle critiquait l'islam et le Coran, la lycéenne de l'Isère, sous protection policière, avait à nouveau fait le buzz mi-novembre.

Sur le réseau social TikTok, une déclaration sur Allah avait provoqué une nouvelle salve de menaces, faisant parfois référence à Samuel Paty, l'enseignant décapité en octobre après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Les prévenus encourent deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour les menaces de mort.

Deux personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour avoir menacé de mort Mila.