Ils étaient en fait bien gardés, dans une armoire de la faculté de médecine de Lyon. Restaurés par les équipes de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), les fameux carnets sont aujourd'hui accessibles à tous.
Un millier de tatouages décalqués sur les détenus
Dans ces carnets, on découvre des centaines de dessins. Certains en couleur, parfois seulement des mots, des symboles… Il s'agit en fait de tatouages, que le docteur Lacassagne, fondateur de la médecine criminelle à Lyon, avait pris soin de décalquer sur la peau des détenus.
Et oui, car au XIXe siècle, le tatouage est loin d'être tendance, au contraire. Le tatouage est plutôt vu chez les criminels. Et c'est précisément ce qui intéresse le médecin lyonnais.
"Le tatouage, c'est à la fois ce qui permet d'identifier les criminels à une époque où la photographie n'existe pas. Lacassagne le voit aussi comme le langage des populations marginalisées, qui n'écrivent pas", souligne Muriel Salle, historienne et maître de conférence à l'Université Lyon 1.
Avec chaque tatouage, Lacassagne prend soin de noter quelques caractéristiques de l'individu : naissance, profession… Des documents en apparence banals devenus de précieuses archives.
Les Experts made in Lyon
Cette redécouverte des carnets de tatouages, c'est aussi l'occasion de rappeler l'héritage important d'Alexandre Lacassagne dans le domaine de la médecine criminelle.
"Il va inventer un certain nombre de techniques que l'on voit encore aujourd'hui. Le fait de geler une scène de crime par exemple, pour y ramasser des indices ou encore, l'étude des empreintes digitales... Il est le promoteur de cette science du crime que l'on connait à travers les séries télévisées", poursuit Muriel Salle, qui a consacré sa thèse au médecin lyonnais.
Un personnage curieux, qui continue de fasciner !
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