Dans le dossier de la rue Antoine Durafour, la Ville de Saint-Étienne marche sur des œufs. Le 16 juillet dernier, la nouvelle municipalité avait pris un arrêté imposant la fermeture de l'ensemble des commerces à 22h. Objectif : lutter contre les nuisances nocturnes dans le secteur.
"Cette mesure d'urgence a permis d'obtenir des résultats : les snacks ont effectivement cessé leur activité nocturne. En effet, entre le 7 juillet 2026 et le 7 septembre, aucun dépassement d'horaire d'ouverture n'a été constaté", assure la mairie.
"Pragmatisme et fermeté"
Mais tout n'est pas réglé. "Il apparait que certaines épiceries de nuit sont restées ouvertes ou ont poursuivi leur activité derrière des devantures partiellement fermées", ajoute-t-elle, décidant de faire "évoluer le dispositif pour mieux cibler les activités qui génèrent des nuisances".
Assurant ne renoncer "ni à la fermeté, ni à son objectif", la Ville vient donc d'instaurer de nouvelles règles à partir de cette rentrée. Désormais, les restaurants peuvent ouvrir jusqu'à 1h30, comme l'ensemble des autres enseignes de la ville, à la condition d'assurer exclusivement une activité de restauration sur place.
En revanche, la vente à emporter est interdite à partir de 22h, seule la livraison reste possible. 22h, c'est aussi l'horaire de fermeture qui reste imposé aux épiceries de nuit.
"L'objectif est simple : mettre fin aux attroupements devant les commerces, sources de nuisances, tout en permettant une activité de restauration encadrée", détaille la municipalité, après concertation avec les commerçants.
Une présence policière renforcée
Elle assure, en tout cas, rester ferme : "après 22h, cette occupation nocturne de la rue Antoine-Durafour doit cesser". Une demande des habitants, dont les nuits sont régulièrement polluées par des clients, des regroupements de personnes et des véhicules mal stationnés.
Le nouvel arrêté s'attaque justement aux regroupements, lorsqu'ils sont accompagnés de comportements portant atteinte à la tranquillité des riverains.
Enfin, la Ville annonce un renforcement de la présence de la police municipale, avec une patrouille mobilisée jusqu'à 2h30. Une caméra de vidéoprotection supplémentaire va également être installée dans le secteur.
"Nous créons un cadre qui se veut consensuel, pour une rue commerçante en soirée et apaisée la nuit. Tout ce qui sortira de ce cadre sera sanctionné fermement. Nous nous en sommes donné les moyens", détaille le maire, Régis Juanico.
Des habitants qui se sentent "trahis"
Ces annonces ont, en tout cas, provoqué la colère et la déception de certains habitants. Certains, réunis au sein du collectif Durafour, dénoncent ce recul de la mairie.
"Reconnaître en juillet que la situation nécessite une fermeture à 22h, puis permettre quelques semaines plus tard une ouverture beaucoup plus tardive alors que les nuisances subsistent : nous avons du mal à comprendre la cohérence", assurent-ils.






