C'est la fin de l'audience !
La décision du tribunal a été mise en délibéré au 27 octobre 2026.
Avant la clôture de l'audience, le prévenu a été invité à prendre la parole une dernière fois. Debout face au tribunal, il a déclaré : "J'ai eu du mal à m'exprimer et j'en suis désolé."
Quelques instants plus tôt, son avocat avait plaidé la défense de son client en reconnaissant qu'une imprudence avait bien été commise.
"Oui, il y a une vraie problématique autour de l'imprudence. Ce jour-là, il a enchaîné une succession de choix dans un contexte particulier", a-t-il expliqué, rappelant que son client intervenait dans le cadre de son activité de conducteur d'ambulance.
L'avocat est également revenu sur les réquisitions de la procureure, qu'il estime en partie "disproportionnées", notamment concernant la peine d'incarcération requise par le parquet.
Au cours de sa plaidoirie, il a par ailleurs salué "la dignité" des parties civiles ainsi que "la sérénité des débats" tout au long de cette audience particulièrement chargée en émotion.
Le jugement sera rendu le 27 octobre prochain.
Mise à jour à 18 h 45
Les réquisitions sont tombées !
La procureure a requis une peine de quatre ans d'emprisonnement, dont trois ans assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, à l'encontre du conducteur de l'ambulance. En cas de condamnation conforme à ces réquisitions, il devrait donc effectuer un an de prison ferme.
Le parquet a également demandé un mandat de dépôt à effet différé avec exécution provisoire. Concrètement, cette mesure permettrait l'application de la peine même dans l'hypothèse où le prévenu déciderait de faire appel du jugement.
Par ailleurs, la procureure a requis une obligation de soins psychologiques ainsi que le versement des indemnisations dues aux victimes et à leurs proches au titre des différents préjudices reconnus.
Enfin, plusieurs peines complémentaires ont été demandées. Le parquet souhaite une interdiction définitive d'exercer la profession d'ambulancier, mais aussi l'annulation du permis de conduire du prévenu, accompagnée d'une interdiction de le repasser pendant dix ans, soit la durée maximale prévue par la loi.
Mise à jour à 17 h
Face au tribunal, le conducteur a une nouvelle fois reconnu sa responsabilité dans le drame.
"Je ne suis pas digne de me mettre à leur place, j'ai ôté la vie à deux personnes. Deux vies humaines", a-t-il déclaré.
Le prévenu a admis une erreur de conduite et reconnu que sa vitesse aurait pu être adaptée aux circonstances.
"Oui, il y a eu une faute de conduite. Oui, la vitesse aurait pu être adaptée et cette mission, j'aurais dû la refuser. Je suis désolé, je le dis à la famille, de cette catastrophe. Et c'est à eux que vont mes excuses", a-t-il ajouté.
Les mères d'Iris et Warren témoignent
L'audience a pris une tournure particulièrement émouvante lorsque les mères des deux victimes se sont avancées à la barre.
Très unies dans l'épreuve, elles ont raconté la douleur immense qui les accompagne depuis l'accident.
"Quand on perd un enfant, on découvre une forme d'impuissance absolue. Je n'ai pas pu la protéger, ni la sauver. Plus rien de tout ce que je vais faire ne pourra rien changer", a confié la mère d'Iris.
À quelques mètres d'elle, le conducteur est resté la tête entre les mains.
La mère de la jeune victime a également exprimé son souhait de voir évoluer la justice en matière de violences routières et demandé que le prévenu ne puisse plus conduire.
"Aujourd'hui, ce qui prend toute la place, c'est la douleur"
La mère de Warren a ensuite pris la parole pour évoquer son fils.
"Il était un jeune homme solaire, qui rendait la vie plus belle et aujourd'hui, je dois vivre dans un monde où il n'est plus. Il restera à jamais mon étoile, mon roi. Et personne ne pourra nous enlever l'amour que je lui porte."
S'adressant directement au conducteur, elle a livré un message marqué par la souffrance mais sans haine.
"Je n'ai plus de colère envers vous. Aujourd'hui, ce qui prend toute la place, c'est la douleur. Je ne vous souhaite jamais de vivre ce que nous vivons."
Le témoignage bouleversant du père d'Iris
Le père d'Iris a lui aussi pris la parole devant le tribunal.
"Tu étais une fille formidable, drôle, sensible et tendre. Et depuis, je vis avec un couteau planté dans le cœur", a-t-il déclaré en s'adressant à sa fille disparue.
Les plaidoiries avant le verdict
Après les témoignages des proches des victimes, l'audience s'est poursuivie avec les plaidoiries des avocats des parties civiles.
Les réquisitions du parquet puis les plaidoiries de la défense doivent également être entendues avant que la justice ne rende sa décision.
Mise à jour à 16 h
Au cœur des débats : la conduite du chauffeur
Après un premier rappel des faits, au cours duquel la présidente du tribunal est revenue sur les circonstances de l'accident, le prévenu a été questionné pendant près d'une heure sur son comportement le jour du drame, et en particulier sur sa conduite, jugée particulièrement dangereuse.
Bien qu'il se trouvât au volant d'un véhicule prioritaire, avec les avertisseurs sonores et lumineux activés dans le cadre d'une intervention demandée par le SAMU, le conducteur a eu du mal à expliquer les circonstances de la violente collision.
Les images de vidéoprotection ont confirmé une conduite "à vive allure", des "zigzags" entre les véhicules ainsi que plusieurs feux rouges franchis.
"Pourquoi n'avez-vous pas freiné en voyant la trottinette ?", lui a demandé la présidente.
"C'est ce que j'aurais dû faire", a répondu le conducteur, en sanglots à la barre du tribunal.
Le Lyonnais de 40 ans, aujourd'hui en arrêt de travail, souffre de dépression depuis l'accident.
Le prévenu reconnaît un attrait pour la vitesse
À l'audience, il a également reconnu avoir longtemps eu un attrait pour la vitesse. Son casier routier fait notamment état d'une quinzaine d'excès de vitesse et de plusieurs pertes de points au fil des années.
Était-il suffisamment formé à la conduite d'un véhicule prioritaire ? La question devrait être largement abordée au cours des débats.
Pendant l'instruction, les parents d'Iris et Warren avaient indiqué que les deux adolescents étaient en couple depuis plusieurs mois au moment des faits. Le jour de l'accident, ils circulaient à deux sur une seule trottinette, qui avait tour à tour roulé sur le trottoir et sur la voie de bus avant d'être percutée par l'ambulance.
Mise à jour à 14 h
Le public s'est installé ce jeudi dans la salle 3 du tribunal correctionnel de Lyon. Les proches des victimes sont bien présents.
![]() |
| Les proches des victimes au tribunal correctionnel de Lyon ce jeudi 22 octobre © Léa Duperrin - Radio SCOOP |
Article d'origine
Quatre ans après un drame qui avait marqué Lyon, le conducteur de l'ambulance impliquée dans la mort d'Iris Pichène, 15 ans, et de Warren Bistoquet, 17 ans, doit être jugé ce jeudi 22 octobre devant le tribunal correctionnel.
Les deux adolescents avaient perdu la vie le 22 août 2022, vers 18 heures, sur le quai Maréchal-Joffre, dans le 2e arrondissement. Leurs visages restent visibles sur un mur du quai, où un hommage leur a été rendu.
Un procès centré sur les responsabilités pénales
L'ambulancier, aujourd'hui âgé de 40 ans, doit répondre d'homicide routier et de violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence. Il encourt jusqu'à 5 ans de prison.
L'audience doit notamment examiner le comportement du conducteur au moment des faits. Les véhicules de secours peuvent bénéficier de certaines dérogations au Code de la route, mais ils ne sont pas autorisés à mettre en danger les autres usagers. C'est l'un des points centraux du dossier.
Une reconstitution sans image directe du choc
L'enquête s'est appuyée sur des images du trajet de l'ambulance, mais aucune caméra n'a filmé directement la collision. Les enquêteurs ont donc dû reconstituer les trajectoires, les vitesses et le déroulé précis de l'accident à partir des éléments disponibles.
Cette absence d'enregistrement direct du choc donne un poids particulier aux constatations techniques et aux déclarations recueillies dans le dossier. Le tribunal devra s'appuyer sur ces éléments pour apprécier les responsabilités de chacun dans cette collision mortelle.
Le passé routier du conducteur examiné
Le conducteur avait déjà été condamné pour vitesse excessive et avait perdu son permis. Au moment des faits, il conduisait avec un papier rose sous statut probatoire, une situation qui, selon les éléments rapportés, aurait dû l'éloigner du volant de son ambulance.
Resté libre pendant la procédure, il fait depuis le drame l'objet de plusieurs interdictions. Il ne peut notamment plus conduire de véhicule à moteur ni entrer en contact avec les salariés de la société des Ambulances Lyonnaises.
FAQ
Quand a eu lieu l'accident ?
L'accident s'est produit le 22 août 2022, vers 18 heures, sur le quai Maréchal-Joffre à Lyon.
Qui sont les victimes ?
Il s'agit d'Iris Pichène, 15 ans, et de Warren Bistoquet, 17 ans, qui circulaient sur une trottinette électrique de location.
Pourquoi l'ambulancier est-il jugé ?
Il comparaît pour homicide routier et violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence.
Que risque le conducteur ?
Selon la source, il encourt jusqu'à 5 ans de prison.
Le moment de la collision a-t-il été filmé ?
Non. Les enquêteurs ont exploité des images du trajet de l'ambulance, mais aucune caméra n'a enregistré directement le choc.
►Police - Justice
Violences du 17 octobre à Lyon : 15 personnes condamnées, plusieurs incarcérations
Le parquet de Lyon poursuit le traitement judiciaire...








