Mélissa Da Costa était de passage à Bourg-en-Bresse samedi 27 septembre. Elle a reçu la médaille d'honneur du Département de l'Ain lors d'une cérémonie coorganisée avec l'Académie de la Bresse.
Née à Clermont-Ferrand, elle a passé son enfance et son adolescence à Replonges, dans l'Ain, tout près de Mâcon.
Son premier roman, "Tout le bleu du ciel", publié sur une plateforme d'auto-édition, l'a propulsée sur le devant de la scène. Depuis, elle enchaîne les succès aux éditions Albin Michel.
En 2024, elle a vendu plus d'un million cent soixante-deux mille livres, se plaçant pour la deuxième année consécutive en tête des ventes, devant Guillaume Musso.
Une médaille qui touche au cœur
Mélissa Da Costa, vous avez reçu aujourd'hui la médaille du département de l'Ain, qu'est-ce que ça représente pour vous ?
"J'ai grandi dans l'Ain et même si la vie m'a ensuite menée ailleurs, c'est dans les paysages de l'Ain, ses plaines calmes, ses terres agricoles, ses vieilles fermes, ses étangs, ses ciels immenses et ses hivers francs que j'ai puisé une grande part de mon inspiration, ce lien intime avec la nature, avec le rythme des saisons, avec l'humain dans tout ce qu'il y a de plus simple et de plus vrai. Tout cela est au cœur de mes romans et cela vient d'ici. Recevoir une reconnaissance de la part de mon département est une belle marque de confiance."
Quel regard vous portez sur votre parcours, de vos débuts à aujourd'hui ?
"C'est un conte de fées ! Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de parcours similaires. C'est un petit peu le fantasme que toute personne peut avoir. Un parcours un petit peu atypique sans passer par le milieu classique de l'édition, comme si tout était écrit presque."
Qu'est-ce qui vous anime aujourd'hui ?
"Comme au début : le plaisir de l'écriture, tout simplement. C'est toujours ce même immense plaisir de créer."
L'inspiration, une présence constante
Comment trouvez-vous l'inspiration ?
"Eh bien, je n'en sais rien ! Je pense qu'il y a des esprits très imaginatifs qui fourmillent d'idées. Je ne la cherche pas, elle vient à moi. Tout est source d'imagination. Mais une grande partie de l'histoire s'écrit dans la tête, tout le temps : en conduisant, en cuisinant, en donnant le bain… L'écriture ne s'arrête jamais vraiment."
Cela vous arrive-t-il d'écrire plusieurs pages et de tout abandonner ?
"Très souvent, oui. J'ai plein de débuts de romans qui ne vont jamais plus loin que quatre ou cinq pages."
Avez-vous un rituel particulier, quand vous écrivez ?
"Non, pas vraiment. Du calme, s'isoler, se mettre dans sa bulle… mais pas de rituel précis."
Vous avez deux romans d'avance, c'est toujours le cas ?
"Oui, pour l'instant. Ça permet de prendre des risques, d'essayer des choses, de se tromper. Et surtout, de garder une vraie liberté de création."
Petite, vous écriviez déjà des contes et des poèmes. Vous vous disiez que vous deviendriez écrivaine ?
"Je n'arrive même pas à me rappeler si j'ai dit ça un jour parce que je pense que j'ai eu très tôt conscience que c'étaient des métiers quand même pas très courants et il n'y en avait pas des milliers qui parvenaient à devenir écrivain ou chanteur ou acteur. Voilà, ce sont des métiers qui font rêver. Mais oui, je pense que très tôt, j'avais en tête que ce n'était pas pour tout le monde."
Maman et romancière : un équilibre naturel
À quoi ressemble votre quotidien ?
"Ça dépend. En période d'écriture, j'écris toute la journée, sauf le week-end. En période de promotion ou de tournée, c'est très différent : beaucoup de rendez-vous, peu de temps pour écrire. Donc les deux parties de l'année sont très différentes et ne se ressemblent pas du tout."
Comment conciliez-vous votre vie de maman et celle de romancière ?
"Comme toutes les femmes du monde, je pense tout simplement. J'ai quatre jours par semaine pendant lesquels les enfants sont à l'école ou gardés. Et donc comme toutes les femmes de ce monde qui travaillent, j'ai des journées dédiées aux enfants, des journées dédiées au travail et tout se passe très bien."
Comment gérez-vous les périodes de promotion ?
"Je ne sais pas. Je pense que l'écriture me ressource entre deux dates. Et puis essayer de ne pas enchaîner tous les weekends, toutes les semaines et avoir ses temps à la maison, auprès des siens aussi, avec ses enfants pour complètement couper parce qu'ils nous ramènent à la réalité et au quotidien. Et ça fait du bien aussi."
Du roman à l'écran : une autre vie pour les personnages
Votre roman "Tout le bleu du ciel" a été adapté à la télévision. Qu'avez-vous ressenti ?
"C'est particulier. Les personnages deviennent presque autres. Mais c'est une belle consécration, une grande fierté."
D'autres adaptations sont prévues ?
"Normalement oui. Il y a deux romans dont les droits ont été achetés : "Les femmes du bout du monde" et "Tenir debout". Mais c'est un processus très long, avec plein d'embûches."
Lectrice passionnée, éclectique et curieuse
Vous êtes aussi une grande lectrice. Quelles sont vos dernières lectures ?
"Nous les moches", un road trip de quatre quarantenaires en crise de la quarantaine, aux États-Unis. Et "L'écume des jours" de Boris Vian, que j'ai mis des années à lire. J'aime aussi Sandrine Colette, et le dernier Norek m'a vraiment marquée. Je lis un peu de tout."
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
"De continuer à avoir des lecteurs au rendez-vous. Voilà, tout simplement !"
Le prochain roman de Melissa Da Costa est attendu pour le 7 janvier 2026.
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