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LE MINISTRE ALAIN GRISET DÉMISSIONNE APRÈS SA CONDAMNATION

Mercredi 8 Décembre - 14:24

France


Marteau - Justice
Alain Griset, ministre délégué aux PME, a été condamné ce mercredi pour déclaration incomplète de patrimoine. Il vient de présenter sa démission.


Le ministre délégué aux PME Alain Griset a démissionné mercredi du gouvernement après avoir été condamné pour "déclaration incomplète ou mensongère" de son patrimoine.

"Alain Griset a donc remis sa démission en tant que membre du gouvernement au président de la République et au Premier ministre", selon le texte communiqué diffusé par Bercy.

Alain Griset a été condamné ce mercredi à six mois de prison avec sursis et une peine d'inéligibilité de trois ans avec sursis. Il lui est reproché une "déclaration incomplète ou mensongère" de sa situation patrimoniale.

L'avocat du ministre, absent à l'audience, Me Patrick Maisonneuve, a aussitôt annoncé qu'il allait faire appel de cette condamnation.

Lors du procès d'Alain Griset en octobre, le procureur avait demandé une peine de dix à douze mois de prison avec sursis et une peine d'inéligibilité de trois ans sans sursis, qui aurait automatiquement privé le ministre de l'exercice de ses fonctions publiques.

Une "volonté de dissimulation"


En prononçant son jugement, le tribunal a retenu qu'Alain Griset "avait fait le choix de dissimuler une partie substantielle de son patrimoine" et relevé deux éléments aggravants : les fonds en cause étaient hébergés dans une banque française et il a "fait preuve d'une réelle volonté de dissimulation".

Au gouvernement depuis juillet 2020, Alain Griset était le premier ministre en exercice à comparaître devant un tribunal correctionnel.

Il était jugé pour avoir omis de déclarer, en août 2020, après sa nomination au gouvernement, une partie de son patrimoine et de ses intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Alain Griset était soupçonné d'avoir intentionnellement caché à la HATVP la détention d'un plan d'épargne en actions (PEA) de 171.000 euros, ainsi que des "participations directes" dans plusieurs sociétés comme la Française des Jeux ou Natixis.

Également en cause, une somme de 130.000 euros placés sur son PEA et qui appartenait à la Confédération nationale de l'artisanat des métiers et des services (Cnams) du Nord, une organisation interprofessionnelle que M. Griset dirigeait depuis 1991.

Le ministre parle de maladresse


Devant le tribunal, Alain Griset avait soutenu en septembre qu'il avait reçu en août 2019 "mandat" de la Cnams pour "faire fructifier cette somme sur une courte durée afin d'acheter un bien immobilier".

Il s'était au passage félicité de la plus-value de 19.000 euros réalisée en onze mois.

"Mon mandat, c'était de gérer cet argent en tant que président du Cnams. N'étant plus président, ce mandat s'arrêtait. Cet argent ne m'appartenait pas. Il ne m'a jamais appartenu avant d'être ministre et encore moins après", avait-il souligné.

La HATVP avait saisi la justice en novembre 2020 après avoir constaté l'omission d'Alain Griset.

Pour l'institution, l'omission de déclaration avait essentiellement pour but "d'empêcher la révélation de faits susceptibles de recevoir la qualification pénale d'abus de confiance".

La Cnams, en tant que personne morale, n'avait pas le droit d'ouvrir un PEA réservé aux personnes physiques.

"J'ai été mal conseillé", avait aussi expliqué le ministre délégué aux PME en rejetant "la maladresse" sur son banquier, les comptables et autres "sachants qui ne me disaient rien".

Devant ses juges, Alain Griset, 68 ans, un ancien artisan taxi du nord de la France, avait défendu sa probité en plaidant "une maladresse" et en rejetant toute "malhonnêteté".

"À aucun moment je n'ai voulu tricher, voler ou cacher quoi que ce soit. Quand on a la chance d'être ministre, on ne gâche pas cette chance en essayant de dissimuler quelque chose qui était si visible", avait-il dit. À la barre, il avait également rappelé ses origines modestes, son manque de diplômes. "Je suis bac -8".

En cas de condamnation, "je continuerai tant que le président (Emmanuel Macron) me fait confiance", avait-il alors affirmé.