Pas de miel d'acacia cette année
La boutique de miel en vente directe de Florent Guillaud ouvrira ses portes le jeudi 2 septembre dans le 3e arrondissement de Lyon. Mais dans les rayons, ce ne sera pas une rentrée habituelle. Les 350 ruches qu'il possède dans son exploitation située dans l'Allier n'ont pas produit autant de miel que prévu.
On se souvient du gel en avril dernier, qui avait détruit aussi bien des vignes que des vergers entiers y compris dans la région. La fleur star du miel mono-floral, l'acacia, en a elle aussi subi les conséquences. "Les fleurs d'acacia ne se sont pas formées, pas ouvertes. Nous n'avons aucune production cette année", explique l'apiculteur.
Et si d'autres miels sont produits sur l'exploitation, notamment des miels réalisés à partir de plusieurs fleurs, le résultat n'est pas non plus à la hauteur des espérances.
"Les miels de printemps, ça a aussi été difficile avec la pluviométrie et le froid. Car les abeilles sont moins sorties butiner. Et puis l'été, on a d'habitude les fleurs de ronce et de châtaigner mais là encore, les chatons de châtaigner sont tombés trop vite, les abeilles n'ont pas eu le temps d'aller chercher le nectar."
Nectar qui, de toute façon, n'était pas produit en quantité suffisante à cause des températures. "On a espéré un été qui n'est jamais venu !", soupire Florent Guillaud.
Double vigilance sur le prochain hiver
Après une saison pareille, comment s'adapter ? "J'ai fait le choix de me retirer de certains points de vente dans les fermes. Et j'espère surtout que la clientèle comprendra", poursuit-il. Quant à la demande d'aides financières comme certains agriculteurs ont pu en bénéficier, rien n'est évident. "Nous sommes très peu nombreux, pas forcément organisés en collectif donc là-dessus je suis assez pessimiste."
Florent Guillaud se concentre déjà sur l'hiver prochain, la période d'hivernage pendant laquelle les abeilles se reposent et économisent leurs forces. Sans avoir été nourries suffisamment cette saison, elles seront d'autant plus fragiles. À cela s'ajoute des hivers, de plus en plus doux, qui empêchent parfois le repos biologique des reines, ce qui entraîne une plus forte mortalité.
En attendant, l'apiculteur garde espoir et continue d'informer sa communauté sur ses réseaux sociaux sur la vie de son exploitation... En attendant des jours meilleurs.
L'Association pour le Développement de l'Agriculture en Auvergne-Rhône-Alpes a récemment lancé une enquête en ligne pour demander aux apiculteurs de la région quelles étaient les conséquences de la météo sur leurs exploitations.






