Une réorganisation motivée par des raisons financières
Alexia*, 29 ans, est infirmière en pédiatrie à l'hôpital de Vienne depuis quatre ans. Comme ses collègues, elle fait face à une réorganisation interne annoncée par la direction, justifiée par des contraintes financières.
Le service de pédiatrie, jugé insuffisamment « rentable », est directement concerné. Plusieurs suppressions de postes sont évoquées et l'avenir du service reste flou.
Parmi les changements envisagés : la séparation de la pédiatrie générale et de la néonatologie, ainsi qu'une distinction plus marquée entre urgences adultes et urgences pédiatriques. Le projet ne devrait entrer en vigueur qu'en septembre, mais l'incertitude pèse déjà lourdement sur les équipes.
Des compétences diluées et une inquiétude pour la sécurité
Des propositions ont été faites par infirmiers et infirmières à la direction, mais aucune n'a été validée à ce stade.
Pour Alexia, le cœur du problème est ailleurs :
« On a choisi une spécialité, on veut exercer dedans. Mais leurs décisions amènent à diluer nos compétences. Ça peut être dangereux. Un enfant n'est pas un adulte en miniature, cela demande des compétences particulières et bien spécifiques. »
Faire travailler des professionnels formés à la pédiatrie auprès d'adultes ou inversement pose, selon elle, un réel risque pour la qualité et la sécurité des soins.
Pour Alexia, cette situation est d'autant plus douloureuse que son métier est une vocation :
« Mon métier, c'est ma fierté. Je mets mon cœur et toutes mes compétences en œuvre. Un jour, je reçois un enfant atteint d'une maladie chronique ou d'une pathologie respiratoire, le lendemain un bébé prématuré, fragile, minuscule, qui se bat pour respirer. Je rassure les parents, je fais face à des urgences vitales, à des parents stressés, tout en gardant la tête froide. »
Ce qui la passionne, c'est justement la richesse et la spécificité de la pédiatrie à l'hôpital de Vienne : la pédiatrie générale, la néonatologie et les urgences pédiatriques réunies.
Un enjeu majeur pour les hôpitaux de périphérie
Au-delà du personnel soignant, c'est l'accès aux soins qui est en jeu.
« À Vienne, les hôpitaux de périphérie sont essentiels. Ils permettent aux personnes qui n'habitent pas les grandes villes d'accéder aux soins », rappelle Alexia.
Une réalité que les soignants espèrent voir prise en compte avant la mise en œuvre définitive de la réorganisation en septembre 2026.
* Prénom d'emprunt.






