Jean-Baptiste Martin a enseigné, entre autres, les langues régionales à l'Université Lyon 2. Son dernier ouvrage "À Lyon, ça se dit comme ça", aborde le sujet du "parler lyonnais". La Bretagne, Toulouse, Marseille... même nos voisins Stéphanois ont droit à leur version locale.
Mais revenons dans la capitale des Gaules. Que reste-t-il de ces "lyonnaisismes" dans la langue d'aujourd'hui ?
Guignol, le plus lyonnais des Lyonnais
Du Gaulois au Francoprovençal, du Français à la langue des canuts... À Lyon comme dans d'autres grandes villes, la langue n'a cessé d'évoluer au fil de l'Histoire.
Le héros du théâtre de marionnettes créé à Lyon au début du 19e siècle a largement contribué à diffuser une langue très proche de celle des canuts, les ouvriers du textile.
"Autrefois, la fenotte c'était l'épouse, Madelon était la fenotte de Guignol. Et finalement, les valeureuses joueuses de l'OL ont donné une seconde vie à ce mot pourtant ancien", note Jean-Baptiste Martin. Le mot gone, qui a longtemps été l'équivalent du mot enfant, est aussi devenu synonyme de Lyonnais."
Que dire de la fameuse cervelle des canuts, servie dans les bouchons de Lyon entre deux traboules... Ou du mot "baraban", qui a donné son nom à une rue de Lyon et qui désigne le pissenlit !
Entre 300 et 400 mots d'autrefois toujours vivants
"De toute façon, la langue a toujours été le reflet de la société, de la population, de ce qu'elle a à dire. Si vous ouvrez un dictionnaire qui date d'il y a cent ans, il y a énormément de mots que l'on ne dit plus aujourd'hui. Mais il y a des mots qui restent. À Lyon, on en compte environ 400, qui sont toujours employés", note Jean-Baptiste Martin.
Et puis au-delà des mots, il y a les prononciations aussi. La construction grammaticale... Ou la sémantique. Ainsi à Lyon, on "éclaire" la lampe, on ne l'allume pas. Ou encore, on "plie" une bonne bouteille pour l'offrir.... au pélo d'à côté.
L'ouvrage regorge de ces explications très accessibles, le tout agrémenté d'illustrations colorées.
"Ça se dit comme ça à Lyon", 144 pages, publié le 23 avril 2026, 13,90 euros, aux éditions Le Robert.
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