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ADAO CARVHALO VA-T-IL DEVOIR RENDRE LES PARTS QU'IL DÉTIENT À L'ASSE ?

Jeudi 14 Septembre - 19:06

Justice


Le Palais de Justice de Saint-Etienne - © Google Maps
Le parquet de Saint-Étienne a requis, jeudi, la confiscation des parts que l'entrepreneur Adao Carvalho détient indirectement au capital social de l'AS Saint-Etienne (L1), lors de son procès pour "recel d'abus de biens sociaux et tentative de blanchiment".

Le jugement a été mis en délibéré au 9 novembre. Son avocat a plaidé la relaxe.

Ce Portugais de 56 ans s'était associé en 2004 au sein de la société Croissance Foot, qui détient 44% du capital du club, à parts égales avec Roland Romeyer, actuel président du directoire. M. Carvalho détient ainsi, indirectement, 22% des parts sociales de l'ASSE.

Depuis, les relations entre les deux partenaires se sont dégradées tandis que l'entrepreneur faisait l'objet d'une première procédure judiciaire.

En juin 2014, le tribunal correctionnel de Lyon l'avait condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, 200.000 euros d'amende et une interdiction définitive d'exercer, pour abus de biens sociaux et travail dissimulé dans ses sociétés de BTP. La fraude à l'Urssaf imputée au chef d'entreprise s'était étalée sur plusieurs années.

Or, en 2004, M. Carvalho avait acquis indirectement ses parts dans l'ASSE pour 1,25 million d'euros via une société luxembourgeoise. Pour la justice stéphanoise, cet argent avait une origine frauduleuse et elle avait donc fait saisir ces parts en 2016, alors que dans le cadre de la procédure lyonnaise, les avoirs de M. Carvalho avaient simplement été gelés.

Depuis sa condamnation, celui-ci affirme avoir recouvré ses parts dans l'ASSE en son nom propre, via la liquidation de la société luxembourgeoise qui portait sa participation dans Croissance Foot. Une position contestée par M. Romeyer devant le tribunal de commerce de Saint-Étienne, procédure en marge de laquelle le parquet de Saint-Étienne s'est saisi de l'affaire au pénal.

- "Ce dossier pollue la vie de l'ASSE" -

Le procureur de la République, Jean-Daniel Regnauld, a reproché au prévenu d'avoir "fait mettre à son nom des titres détenus par une société luxembourgeoise qu'il avait achetés avec de l'argent sale". "Le transfert de ces actifs à son profit personnel est une forme d'auto-blanchiment", a-t-il ajouté,évoquant des articles de presse dans lesquels M. Carvalho indiquait que des acheteurs français ou chinois étaient prêts à lui racheter ses parts pour 10 millions d'euros.

"Ce dossier pollue la vie de l'ASSE dont un quart du capital social est issu de produits délictueux. Cela a un impact sur le club qui cherche des investisseurs", a fait valoir de son côté Me Nicolas Bes, avocat de M. Romeyer qui gère la société Croissance Foot.

Le reste du capital du club est détenu à 44% par Cesse Foot, la société de président du conseil de surveillance Bernard Caïazzo, et à 12% par l'association ASSE.

En défense, Me André Buffard a dénoncé un "imbroglio juridique" et pointé la légèreté du président du club qui a accepté, en 2004 et 2005, "des chèques qui provenaient directement de sociétés de mon client qui, à l'évidence, a de la gestion des notions approximatives".

"Plus récemment, Roland Romeyer a tenté de racheter pour 1,25 million d'euros ces parts dont il savait qu'elles provenaient d'abus de biens sociaux", a ajouté le conseil.

A l'audience, Adao Carvalho a interpellé à plusieurs reprises l'avocat de Roland Romeyer sur le devenir des 1,2 million d'euros qu'il a injecté en comptes courants dans Croissance Foot et dont il exige "le remboursement".

(AFP)


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