Confiée à l'Office français de la biodiversité (OFB), l'enquête est ouverte entre autres pour "mauvais traitements envers un animal placé sous sa garde par l'exploitant d'un établissement détenant des animaux", un délit punissable d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.
"Les constatations effectuées cet été par l'OFB ont permis de mettre en évidence divers éléments en faveur du délit" précité "mais également des infractions au code de l'environnement (...) le mis en cause se livrant notamment à une activité d'élevage et de cession d'animaux sauvages tenus en captivité sans respecter la législation", a ajouté la procureure.
Les dix tigres saisis ont été confiés à l'association Tonga Terre d'Accueil pour être conduits au zoo de Saint-Martin-la-Plaine, dans la Loire.
"Entre les quatre murs d'une usine désaffectée"
Avant de saisir la justice, l'ONG One Voice avait elle même "surveillé" et "filmé" les tigres pendant plusieurs mois, révélant l'affaire dans une série de vidéos publiées en janvier sur un site dédié.
"Entre les quatre murs d'une usine désaffectée de Picardie", les tigres "étaient enfermés toute l'année dans un camion-cage, sans réelle protection contre les intempéries, avec à peine assez de place pour tourner en rond", soit "2 m² chacun pour 300 kg de masse corporelle", écrivait notamment l'association sur ce site.
"Les rares fois où ils en sort(aient), c'était pour être soumis et subir une vie de stress, sous la menace du fouet", "montrés" dans des foires, spectacles de cirque ou dans un parc d'attraction tout proche, voire dans des "clips ou photos dans des magazines", selon l'association.
"La plupart ne sont pas en trop mauvaise santé"
"Notre campagne pour les sauver a enfin débouché sur leur saisie !", se félicite One Voice mercredi soir dans un communiqué, assurant s'être vue "confier" la garde et le transport des animaux, dans un premier temps vers un refuge dans la Loire, puis vers un "sanctuaire" en Italie.
Les tigres "sont en route à bord de deux camions, dont un semi-remorque, notre effectif va passer d'un coup de 20 à 30 félins", a déclaré à l'AFP Pierre Thivillon, directeur du parc animalier de Saint-Martin-la-Plaine, choisi pour accueillir les animaux en convalescence.
"D'après l'équipe de soigneurs qui les accompagne, la plupart ne sont pas en trop mauvaise santé", s'est-il réjoui, habitué à remettre sur pied des animaux sauvages dans le cadre de son association Tonga Terre d'Accueil. "Une fois rétablis", ils seront ensuite redirigés vers des habitats leur étant plus naturels.






