Jean Monnet deviendrait un campus de Lyon
Le projet n'est pas nouveau, en 2008, l'UJM intègre l'université de Lyon en tant que partenaire. Mais les choses se sont véritablement accélérées en février 2017, lorsque l'université de Lyon reçoit un label appelé Idex, dans le cadre d'un vaste programme d'investissement pour les universités françaises.
Le label doit permettre de se positionner comme universités pluridisciplinaires de rang mondial. Pour peser à ce niveau, cela veut dire devenir un pôle unique, en fusionnant différentes universités.
Ce qui fait grincer des dents dans la Loire, car l'université stéphanoise perdrait alors sa propre identité en devenant le campus Jean Monnet de l'université de Lyon.
Depuis, la fronde grandit, autant chez les professeurs que les politiques, de toute sensibilités d'ailleurs. Une pétition a été lancée et en juin dernier, 12 vice-présidents de l'UJM ont démissionné et créé dans la foulée un collectif pour dénoncer le projet de fusion.
Parmi eux, Stéphane Riou, professeur en économie. "Cette fusion est néfaste pour plusieurs raisons. L'université est un acteur important du territoire, il faut rappeler que l'UJM c'est dix facultés, 30 laboratoires, 20.000 étudiants et 1.500 personnels donc on ne parle pas de quelque chose d'anodin", rappelle-t-il.
"On craint la disparition de formations"
Le projet avec les statuts va disperser ces facultés et ces laboratoires dans plusieurs pôles de formations et de recherches, avec une perte d'autonomie décisionnelle et budgétaire. C'est une sorte de mise sous tutelle de l'université de Saint-Étienne, qui va nous priver à terme de toutes capacités à nous développer de façon automne", ajoute Stéphane Riou.
L'enseignant va même plus loin: "bien entendu, des formations seront en doublon entre Saint-Étienne et Lyon et on craint que certaines disparaissent, alors qu'elles représentent un service de proximité pour notre bassin étudiant, d'un million d'habitants tout de même. Surtout que certaines formations sont meilleures qu'à Lyon.
C'est pour cette raison qu Stéphane Riou et les 374 autre membres du collectif UJM ont souhaité alerter Jean Castex. "Nous avons décidé d'écrire au premier ministre car ce projet va à l'encontre de son discours de politique générale, fait le 15 juillet dernier. Il voulait donner une priorité aux territoires et s'est dit à l'écoute de leurs attentes. Il a à Saint-Étienne un cas pratique et on espère que l'État interviendra", conclut Stéphane Riou.
La présidente de l'université stéphanoise, Michèle Cottier, milite de son côté pour la fusion avec Lyon. Si le calendrier est suivi, les nouveaux statuts doivent être votés à la fin du mois.






