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SAINT-ÉTIENNE : LE CHU NE SUIT PAS LA JUSTICE AU SUJET DE 2 AGENTS NON VACCINÉS

Mercredi 27 Octobre - 16:51

COVID-19


Le CHU de Saint-Étienne - © Anthony Perrel
Le CHU de Saint-Étienne a refusé ce mercredi la réintégration de deux salariées non vaccinées, travaillant dans les cuisines de l'établissement, en dépit d'un jugement récent qui leur est favorable.


Ces agents, dont le tribunal administratif de Lyon a ordonné vendredi en référé la suspension de la sanction, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le fond de l'affaire, se sont vus refuser l'accès à leur poste de travail, à l'Hôpital Nord de Saint-Priest-en-Jarez, dans la Loire.

On leur demande de prendre des jours de vacances


Le jugement prévoyait que la suspension des décisions hospitalières "implique la reprise à titre provisoire de l'activité et de la rémunération" des requérants. Les deux femmes se sont présentées mercredi matin, munies d'un pass sanitaire, en présence d'une huissière de justice.

"On a été empêchées de prendre notre poste de travail par un cadre qui nous a dit appliquer une directive de la DRH", a déclaré Marie-Josée Ribeiro, une des deux salariées. "On m'a dit qu'on allait me mettre en congés, mais ça ne m'intéresse pas. Au moment de ma suspension, on m'avait d'ailleurs refusé des jours de vacances"

"L'hôpital se met hors la loi"


De son côté, leur avocat, Maître Thomas Bénagès, dit "déplorer que l'hôpital fasse le choix de se mettre hors la loi en refusant d'appliquer la décision de justice rendue" pour ses deux clientes. "C'est scandaleux de la part de l'employeur qui a un devoir d'exemplarité, alors que les salariées ont, elles, utilisé les moyens de droit légaux".

Un troisième agent non vacciné et suspendu, employé à la cuisine centrale du Centre hospitalier de Roanne (Loire), qui a lui aussi obtenu un jugement favorable de la même instance vendredi, a quant à lui été reçu à la mi-journée par la direction des ressources humaines de son établissement, qui lui a annoncé "une reprise d'activité lundi prochain".

Des agents qui ne sont pas en contact avec des patients


L'avocat des trois requérants a ajouté "ignorer la raison de cette différence de traitement de la part de ces deux établissements hospitaliers qui ont une direction commune". La direction du CHU de Saint-Etienne n'était pas en mesure de commenter la situation de ces agents, précisant avoir engagé "un pourvoi" devant le Conseil d'État.

Les trois agents estiment ne pas être concernés par l'obligation vaccinale faite au personnel soignant, car ils travaillent au sein des cuisines de leur établissement. Compte-tenu de la localisation de la cuisine centrale du CHU de Saint-Etienne et du Centre hospitalier de Roanne où ils exercent, le tribunal a considéré être en présence d'éléments "de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige".