CARDINAL BARBARIN : L'AFFAIRE PREYNAT "ME COLLERA TOUJOURS AU VISAGE"

Jeudi 6 Février - 06:15

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Le cardinal Barbarin - © Hugo Francès
L'archevêque de Lyon, poursuivi pour non-dénonciation d'abus sexuels et relaxé à l'issue de son procès, fait part de ses regrets et estime que cette affaire l'a changé.

Dans Le Point, le primat des Gaules est revenue sur l'affaire Preynat.

"Elle restera attachée à mon nom et me collera toujours au visage. Je resterai celui qui n'a pas dénoncé des actes odieux", a regretté le prélat dans un entretien publié mercredi soir, moins d'une semaine après la relaxe prononcée par la cour d'appel de Lyon qui l'a, dit-il, "réconforté".

"Nous avons trop attendu"


L'archevêque de Lyon a annoncé à l'issue de son procès qu'il allait de nouveau remettre sa démission au pape pour "tourner la page" de cette affaire symbole des défaillances de l'Église face à la pédocriminalité dans ses rangs. Le pape a indiqué qu'il s'accorderait un délai de réflexion pour statuer.

Avec le recul, Philippe Barbarin estime que ces dernières années l'ont "changé". "Des victimes sont venues vers moi de partout, et m'ont aidé à comprendre la gravité et la persistance de cette blessure si profonde qui a bouleversé leur vie", assure-t-il.

Comme à son procès, le cardinal répète qu'il ignorait les agissements du prêtre avant de rencontrer une victime en 2014. "Ce n'est qu'à la fin de l'année 2014 (...) que je prends conscience, brutalement, de la réalité des actes commis, de ce qu'ils signifiaient concrètement, de la souffrance des victimes (...) Je me rends compte que je n'ai pas pris les bonnes mesures", explique-t-il.

"Je regrette de ne pas avoir approfondi l'investigation avec Preynat (...) Le scandale a énormément grossi car nous avons trop attendu. Je n'ai jamais voulu ni pensé cacher quoi que ce soit. Apprenant des agressions, je ne me suis jamais dit : Pourvu que cela ne se sache pas", poursuit le Primat des Gaules.

Quel avenir ?


Quand à son avenir après Lyon, le cardinal s'en remet au souverain pontife. "Je rendrai service ailleurs, où l'on me demandera, dans un sanctuaire pour accueillir des pèlerins, en prêchant des retraites, peut-être en donnant de nouveau quelques cours à Madagascar, ce pays que j'aime tant. J'attends la décision du pape".