Le procès de Guylaine, cette femme de 53 ans, fragile sur le plan psychologique, s'est ouvert mardi devant les Assises du Rhône, à Lyon.
JOUR 1 : Une manipulatrice ?Cette femme élégante, aux longs cheveux poivre et sel a raconté d'une voix entrecoupée de sanglots comment un soir de novembre 2008 une bagarre a éclaté entre les deux amants.
Selon elle, les coups pleuvaient souvent au sein du couple : il la tapait, elle répliquait, et frappait à son tour.
La mort de son compagnon serait un accident : Un scénario que les parties civiles contestent catégoriquement. Pour Maître Jean-Marie Perinetti, l'avocat de la famille de la victime, Guylaine est "une manipulatrice" qui a isolé son mari de sa famille et de ses amis : "il était maltraité".
 | L'interview de Maître Jean-Marie Perinetti |
Moment fort du procès : la fille de l'accusée doit être entendue ce mercredi, c'est elle qui avait prévenu la police en 2010 et qui avait permis aux enquêteurs de retrouver le corps de la victime dans un congélateur.
 | Le récit de l'audience par Elsa Darriulat |
Le rappel des faitsElle est accusée d'avoir caché le corps de Jean-François, son mari, pendant un an et demi : Elle continuait de toucher la retraite de son compagnon pendant ce temps-là.
Le 9 novembre 2008, le couple, qui se disputait souvent, se bagarre une fois de plus. Guylaine donne un coup de poing sur le plexus de Jean-François, sa poitrine craque et il s'écroule sur le sol.
Paniquée, Guilaine va alors transbahuter le corps entre son salon et sa salle de bain avant de s'acheter un gros congélateur qu'elle se fait livrer 4 jours plus tard : Elle y cache alors le corps de Jean-François.
Durant un an et demi, elle vit alors cloîtrée chez elle, et comme son compagnon n'a plus aucun contact avec sa soeur, ni son fils, installé aux Etats-Unis, personne ne prend de ses nouvelles.
Ce n'est que le 10 août 2010 que la police sonne chez Guylaine : c'est au milieu du salon que les agents découvrent le fameux congélateur, et à l'intérieur, le corps dissimulé sous des sacs poubelle et des aliments surgelés.
L'accusée est poursuivie pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle encourt 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict attendu jeudi.